Les ateliers Vocabulons

C’est quoi ?

Vocabulons propose l’animation d’ateliers d’expression orale, écrite et graphique, rencontre et partage autour de la langue française et de son apprentissage pour un public d’apprenants, adultes et adolescents.

Conduits par Laurent Colomb et Antoine Denize, deux auteurs passionnés par les formes sonores et graphiques du français, ces rendez-vous réguliers ont eu lieu dans le réseau des médiathèques et des associations de dix villes du Val de Marne.

Mais encore…

Les thèmes de composition touchent la situation des écrivants eux-mêmes : la langue française et son acquisition parlée et écrite bien sûr, l’intégration, la citoyenneté, la démocratie, la république, la laïcité, l’éducation, la famille, l’art et la culture, l’exil… autant d’amorces à dire et à écrire son enchantement (comme son désenchantement ?) à participer à une seule et même communauté linguistique.

La traversée d’une langue écrite ne se fait pas sans la découverte graphique et sonore de ses signes, car c’est bien une démarche globale qui intéresse notre projet : vocale et orale dans son effort de correction, écrite et graphique dans une même volonté de transmettre. Comme la transformation plastique de l’oral peut accentuer ses arabesques entendues, l’usage de l’enregistrement audio peut également favoriser la prise de recul et cultiver l’écoute, indispensable posture à la construction d’une même société. Ce double jeu du parlé / écrit, animé par un artisan du verbe et un artisan du regard, favorise l’acquisition, aussi élémentaire soit-elle, d’une langue par une population vulnérable à se dire et à s’écrire. La forme ludique et joyeuse, parfois théâtralisée de ces rendez-vous apporte un regard neuf sur l’apprentissage lui-même, désinhibant les plus fragiles, assagissant les moins craintifs.

L’objectif légitime de ce projet relève d’un effort d’acculturation réciproque – pour autant qu’il soit compris comme un rapprochement mutuel enrichissant des cultures et non affaiblissant, que l’objectif procède d’une transmission de savoir indispensable au « vivre ensemble ». On doit souhaiter qu’il en subsiste une envie de comprendre et le sentiment qu’à terme il devienne enfin possible d’exister socialement dans et surtout au travers de la langue de France, sans blesser ses origines. Jouer, jouer encore avec les mots est le moyen le plus naturel – enfantin ? – de se les approprier tandis qu’en observant combien les gestes de ses efforts à dire sont entendus par l’autre, il devient possible d’exercer rétroactivement une même langue de pensée. De la position d’acteurs d’une seule et même forme, les apprenants occuperont enfin celle de spectateurs d’une identité commune.

À un projet de recueil d’écritures succèdera un projet de mise en forme spectaculaire (oral, visuel et numérique) de ces monologues, dialogues et conversations, dont la mise en scène graphique sera participative. La langue, les langues du recueil offriront un aperçu composite et vivant de paroles ou d’appels à participer à une seule et même société toute emplie de formules conformes et attendues. Combien hasardeux est l’apprentissage d’une langue, combien difficile et grave en est l’étude, lorsqu’elle conditionne l’accueil et l’avenir du parlant à la société qui juge de ses capacités à dire et écrire son intégration et sa différence. L’orthographe du recueil sera respectueuse de ces formes chaloupées d’expressions neuves et de néologismes fulgurants, propre à énoncer la poésie inhérente à ces français pluriels et la dimension plastique d’une écriture qui se réalise avant tout oralement. Composite et cependant soutenu par une même volonté de partage, cet objet spectaculaire évoluera sur le fil de nos échanges avec le public d’apprenants qui pourra y voir le reflet d’une part de sa différence et l’expression d’un désir d’appartenance.